1.7.10

Lundi 21 juin: Grand Vent

Lever a 6h30. Je ne suis pas prete a recuperer mon sommeil, mais le reveil se fait en douceur, en entendant nos chevaux hennir de bonheur a l'arrivee de leur gamelle.

Longue journee de cheval aujourd'hui, 7 heures en tout, avec une bonne sieste au milieu. Pour partir du bon pied, je tente une premiere reparation de fortune sur mes chaussures de marche: toile de sparadrap sur l'avant du pied, et sangle a sacoches entre l'avant et le talon, avec un petit tour autout du coup de pied. Ca devrait tenir quelques heures.

Longue ballade dans les "forets" d'arganiers, puis sur les collines qui descendent vers l'ocean. On traverse quelques bleds qui semblent souvent deserts a parts quelques enfants, mais on s'apercoit vite que les portent s'entrouvent sur des visages de femmes qui nous regardent passer. Toujours des troupeaux, de chevres et de moutons, des petits anes au trot rapide avec ou sans cavalier assis de cote sur un tapis entre deux grands paniers qui pendent de chaque cote. Etrange habitude que de monter en amazone, et qui semble se propager a d'autres moyens de locomotions comme la bicyclette ou la mobylette.

Apres quelques petits trots et galops entre de petits buissons a quelques metres au-dessus des falaises sablonneuses, nous remontons un peu pour le camp de midi. Le bus nous y attend, non seulement pour notre confort, mais surtout pour les chevaux. Pas facile en effet de trouver de l'eau et de l'herbe pour nos montures dans cet environnement. La paille est stockee sur le toit du bus, qui lui-meme se debrouille pour remplir ses nombreux jerricanes d'eau fraiche en cours de route. La grande tente mess a meme ete montee pour nous donner un peu d'ombre pour le repas et la sieste. Ah, les siestes, de vraies siestes pendant les heures chaudes, sur les matelas, avec juste une petite brise et de temps en temps le bruit des chevaux qui manifestent. Cette premiere sieste a tout de meme ete ecourtee par le passage d'un troupeau de chevres a travers le camp. Plutot affectueuses, les chevres, et bruyantes. Elles appellent sans arret leurs copines, et n'avancent pas tres vite.

Depart pour l'apres-midi, toujours sur les falaises surplombant l'ocean. Entretemps, le cuisinier m'a trouve un peu de colle pour reparer mes chaussures. Ca tient deja mieux que le sparadrap qui pendouille sur les cotes. Petits trots sur de larges chemins blanchis par le soleil, avant de redescendre vers la mer et la plage. Le vent s'intensifie a mesure que nous approchons du rivage. On essaie parfois de faire passer une information sur une plante, un animal ou un detail du paysage, mais passe le troisieme cavalier, c'est un peu perdu dans le courant d'air. Nous traversons des etendues de sable fin ponctuees de petits buissons, puis nous arrivons sur une plage immense. On trottine dans les vagues, les vagues qui vont et viennent nous desorientent completement depuis nos selles, mais les chevaux adorent. Apres le petit bain, galop au bord des vagues, contre le vent (heureusement, etant donne que je ne suis montee sur un cheval qu'une seule fois les 4 dernieres annees, je ne suis pas completement a l'aise pour les grands galops: le vent de face ralentit legerement l'allure...). Puis nous rejoignons le camp, un peu en retrait de la plage, derriere un petit groupe de palmiers qui ne nous protege pas vraiment du vent de plus en plus violent. Le sable se souleve et pique les yeux, et nous observons anxieusement nos tentes qui s'aplatissent sous les rafales. De l'interieur, on a l'impression d'etre pris dans un cube de gelatine qui s'etire dans tous les sens. Le vent continue a souffler toute la nuit, personne ne dort beaucoup.

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