1.7.10

Mardi 22 juin:

Le vent a legerement faibli, mais tout est recouvert d'une mince couche de sable malgre les deux epaisseurs de tente. A l'heure du petit dejeuner, j'essaie encore de reparer mes chaussures avec le reste de colle. Peine perdue, a peine quelques pas et mon cheval me marche sur le bord du talon. La semelle ne tient plus que par la sangle qui passe sous le pied. La seconde chaussure adopte rapidement le meme look, et au trot, j'ai l'impression de porter des claquettes. A pied, ce n'est guere mieux.

Ballade dans les forets d'arganiers. On croise quelques dromadaires, des troupeaux de chevres et des anes charges de paniers. Maintenant qu'un peu de la confiance en mes capacites equestres est revenue, je peux laisser mon esprit vagabonder et mediter. Je laisse aussi tomber mes etriers quand le terrain s'y prete, histoire de soulager mes genoux.

Nos chevaux sont exceptionnels, de tres belles betes qui ont joue dans des films (c'est a la mode, les films epiques tournes au Maroc). Nos deux guides cavaliers sont tout aussi exceptionnels, Abdel, notre guide de tete, et Abdu, responsable des chevaux et qui monte Atlas, un superbe etalon au fort temperament et aux galops rapides comme l'eclair. Tous deux sont de fantastiques cavaliers, et c'est un plaisir de les voir communiquer avec leurs chevaux, le plus souvent pas des paroles tres douces et beaucoup de respect. Le meme respect qu'ils attendent de nous envers nos montures, ce qui est loin de nous gener. Ils nous expliquent aussi que les chevaux se sentent responsables de nous, et malgre quelques petits accrochages de temps en temps (le coup des etalons), ils font tout pour nous eviter des accidents. Mon cheval s'appelle Driwich, qui veut dire Le Gentil en arabe (ou berbere, me souviens plus). Un tres bon cheval, doux mais pas mou et qui n'a pas peur des galops. Par contre, je me suis vite rendue compte qu'il n'aimait pas trop les descentes.

Pause de midi sur les hauteurs, dans une foret d'arganiers. A nouveau on installe la grande tente pour le repas et qui, sitot termine, devient notre quartier pour la sieste. Tout le monde s'endort tres rapidement.

Depart pour l'apres-midi. Journee plus courte aujourd'hui, 5 heures de cheval. Devant l'etat de mes chaussures de marche, je decide de monter avec mes chaussures de sport. Pas genial, mais au moins les semelles tiennent. On poursuit la ballade entre les arganiers. Le vent a un peu faiblit mais la communication entre les cavaliers rencontre d'autres problemes. Quand le cavalier de tete nous fait remarquer un joli ecureuil sur un rocher au bord du chemin, ca passe vite du "Joli ecureuil sur un rocher" a "Rocher sur lequel il y avait un joli ecureuil". A part les trois premiers cavaliers, les autres, on se demande bien a quoi ressemble les ecureuils maroccains. Quelque chose d'environ 80 cm de haut et forcement splendide...

Arrivee a la plage. Apres un bain pour les chevaux, Abdel nous explique la formation qu'il aimerait nous faire faire au trot, puis au galop. Une fantasia. Petit trot l'un derriere l'autre, puis petit galop, on se met en ligne et woooosh, grand galop jusqu'au bout de la plage. Evidemment, tout le monde n'a pas compris la meme chose. Je suis le cheval de tete, Anaka, une bombe au galop, qui ralentit ensuite, confus, avant de repartir a toute vitesse. Mon cheval le suit tres bien la premiere fois, puis se met a danser devant la confusion, et il me faut un moment pour le relancer. Mais beau galop en fin de compte, sur une longue plage avec quelques bateaux croupissants dans un coin.

On remonte un peu sur la colline pour le camp du soir. Mes chaussures de sport on tenu le coup mais sont trempees (on a tendance a etre bien mouilles en baignant les chevaux). En attendant qu'elles sechent, pendant la nuit, je me contente de mes chaussures de marche cassees. Avec les semelles qui pendouillent, je dois faire de grands pas et ai plutot l'air ridicule.

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